Les cœurs sont en fête ce dimanche matin : pas de boulot prévu au Conseil de Congrégation et soleil radieux alors que les services météo avaient annoncé de la pluie…Nous quittons notre lieu de séjour de suite après la prière du matin en compagnie de la communauté locale et de deux aspirants assomptionnistes . Quatre stations prévues : visite du temple bouddhiste de Song Gwang , du village fortifié de Nagan , du cimetière national où reposent une partie des victimes de l'insurrection démocratique de début mai 1980 et en fin de journée :Eucharistie célébrée chez les sœurs Oblates qui avaient invité le laïcat assomptionniste.
Democracy Memorial of Gwangju
La route menant au temple de Song Gwang est bordée de cerisiers, de
forsythias,de magnolias en fleur. La fraîcheur des couleurs nous invite
déjà à la sérénité avant même de pénétrer dans l'enceinte du temple. Un
des trois temples les plus importants du bouddhisme Zen en Corée,
Sang Gwang plonge ses racines jusqu'au 11 ème siècle de notre ère. Deux
priorités sont bien respectées dans cette branche du bouddhisme : la
communauté et la méditation. On y accueille des étrangers voulant
s'initier aux méthodes de méditations enseignées en Corée. Ce
monastère peut aussi se glorifier d'avoir fourni 16 « prêtres
nationaux »(le degré le plus élevé pouvant être atteint par un moine)
et de nombreux grands maîtres de méditation. Composé d'une cinquantaine
de bâtiments et de nombreux ermitages, ce monastère peuplé d'une
centaine de moines est un des plus grands du pays.
Un trio nous accueille…C'est l'heure de la prière. Parfois nous sommes
perdus dans les explications données dans un anglais approximatif et
aussi par manque de connaissance du bouddhisme. Beauté, grandeur,
étonnement, interrogation …
Nous terminons la visite par un repas au réfectoire avec plusieurs
moines et d'autres hôtes par un repas végétarien aux saveurs
inhabituelles …
Village fortifié de Nagan.
Rassasiés au temple, nous nous dirigeons vers le village fortifié de
Nagan : village ancien aux toits faits de paille de riz pour les gens
ordinaires et aux constructions plus richement conçues et ornées des
'bourgeois' ou administrateurs du bourg. Le tout est entouré d'une
muraille d'où on peut voir le village ancien bien préservé. Beaucoup
de monde, et commerce en expansion vu l'afflux de touristes.
Le cimetière national du 18 mai 1980 à Gwangju.
Opprimée pendant longtemps par un régime militaire dictatorial, la cité
de Gwangju se révolte au printemps 1980 alors que le régime devient
plus dur. Tout commence dans les universités : la révolte des étudiants
entraîne l'insurrection populaire. Combats, cris et pleurs, sang et
cadavres. En un premier temps, les victimes nombreuses sont enterrées
en toute hâte, dans le désordre et la panique. Après 1993, le régime
démocratique mis en place crée un cimetière où les ardents défenseurs
de la démocratie seront transportés .Gwangju devient un lieu-symbole
du combat démocratique .
Partage de l'Eucharistie et de la fraternité.
Lucas Chuffart
Le ciel se couvre alors que nous nous dirigeons vers la communauté des
Oblates. Le P. Joseph Baik Ho, premier prêtre coréen dans la
congrégation y préside l'Eucharistie entouré des fondateurs de la
mission AA en Corée : Frans Desmet et Léo Brassard ainsi que Lucas
Chuffart, son ancien maître des novices.
L'évangile des disciples Emmaüs trouvait une suite logique dans le
repas partagé avec les sœurs et le laïcat assomptionniste. Le tout fut
agrémenté de danses traditionnelles classiques et populaires. La
journée se termine dans un débordement de joie et d'allégresse arrosé
d'une pluie bienfaisante qui profitera bien à la terre desséchée .