Session 2025 des maîtres des novices

« Faire l’expérience de Dieu et de son appel à l’Assomption »

Du 18 au 27 juin 2025, les maitres des novices de la congrégation se sont retrouvés pour une session d’échange d’expérience, de formation et de production d’un guide de bonnes pratiques pour les maitres des novices.

Ils étaient en fait 9 participants sur place (maitre des novices en charge ou futurs maitres des novices) et 2 online, mais très assidus. Ils furent accompagnés par le P. Vincent Leclercq, le P. Benoît Bigard et de nombreux intervenant (supérieur général, assistants, Sr Mary Lembo, Sr. Marie-Pierre (RA)…)

Il s’agissait d’aborder les fondements de la Vie religieuse assomptionniste au temps de l’interculturalité, de la révélation des abus, des nouvelles réalités de la mission et avec l’arrivée de nouveaux profils de novices et de Maîtres des novices.

A St Pierre, mais iI manque le photographe, le P. Fabrice-Marie Adzakli

Les échanges on mis en avant le besoin d’approfondir ensemble certains thèmes dont celui du charisme assomptionniste et de sa transmission. Le Père Ngoa l’a rappelé par une interpellation forte :

« attention à ne pas trahir, à ne pas perdre l’âme de notre tradition assomptionniste ».

Il a repris le mot de bienvenue du Père Benoit Grière en 2018 :  « Le Maître des novices est, pour le noviciat, le bras droit du Supérieur général » (E.S. p. 258) […] le supérieur général est le garant du charisme de la congrégation. C’est lui qui doit veiller en priorité à la transmission intégrale de celui-ci aux jeunes générations et aussi contribuer à son dynamisme chez tous les frères de l’Institut. Or, les Maîtres des novices, sont les premiers responsables de cette transmission du charisme et de notre tradition, pour que ceux-ci restent vivants et dynamiques […]. Emmanuel d’Alzon disait aussi « le Maître des novices doit être la règle vivante du noviciat » (E.S. p. 259).

Autre thème marquant : « la pédagogie ». Plus qu’un contenu d’informations, le noviciat est le lieu d’appropriation d’un patrimoine commun. Ce patrimoine vient de l’expérience du Père d’Alzon qu’il nous faut recontextualiser historiquement, théologiquement et spirituellement pour qu’elle rejoigne les jeunes assomptionnistes d’aujourd’hui, qu’elle s’inculture dans nos Églises et qu’elle puisse nourrir la mission. 

Sur le charisme, au moins deux pistes sont apparues : 

– la première est transmettre une « conscience historique » du fondateur. De reconnaitre que le Père d’Alzon ne pouvait pas savoir tout ce que nous savons aujourd’hui : il est un modèle à imiter dans la fidélité et la créativité :  « Va et fais de même » (Lc 10) ne signifie pas reproduire à l’identique ce qui s’est fait par le passé. Cependant, ne faisons pas le contraire de ce que d’Alzon aurait fait. Car ceci reviendrait « à trahir » notre tradition…

– la seconde est le souci de rendre visible le charisme par des pratiques. Par exemple « liberté, ponctualité, propreté » : ces mots simplement affichés dans la salle de classe…  En fait, ce sont davantage que des mots : ce sont surtout des pratiques (vertueuses). Et en les voyant affichées, il est fort probable que déjà quelque chose du charisme assomptionniste se transmet.   

Autant de formateurs, autant d’expériences à partager, de contextes, d’équipe de formateurs, de situations difficiles ou parfois même dramatiques…  

Sur les pas du Père d’Alzon dans les rues de Rome
Certains défis se retrouvent partout  dans les noviciats

Nous sommes revenus sur l’usage responsable du téléphone quitte à en retirer l’accès pendant une période fixée à l’avance. Avec des noviciats internationaux, on multiplie les manières de faire mais parfois aussi les sources d’incompréhensions ou de conflits.

Le noviciat est un appel à la conversion tant par l’exemple personnel du maître des novices que par le modèle communautaire. L’exemple aide chaque novice à se situer dans son choix de vie. Le Père Joao, évoquant son expérience au Brésil, a même parlé d’« option fondamentale ».  

Pour le maitre des novices, montrer l’exemple passe par sa disponibilité aux frères, sa présence physique au noviciat et sa fidélité à la prière, à l’accompagnement spirituel, au sacrement de la réconciliation, sa ponctualité, sa bonne humeur même lorsqu’il n’a plus envie d’enseigner, ses bonnes relations avec chacun même quand il aurait préféré plus de temps pour lui. Il a besoin de l’aide de Dieu pour accomplir sa mission. 

Le maitre des novices a besoin de travailler sur lui pour être capable d’inviter l’autre à travailler sur soi. Ce temps d’introspection le prépare à accompagner. S’il fait l’effort de retrouver son propre cheminement dans le cheminement d’un novice, il lui devient plus facile de le comprendre et de l’accueillir tel qu’il est et sans jugement. 

Le maitre des novices a besoin de se former en continu. Le temps de préparation de ses enseignements le fait grandir dans sa capacité d’accompagnement. Autrement dit, il n’a jamais fini d’apprendre, notamment à partir de l’expérience vécue sur le terrain. La peur des débuts cède rapidement car il se décentre progressivement de ses propres appréhensions (et de lui-même) pour se concentrer sur les besoins des novices et les réponses concrètes qu’il peut apporter. Le message d’un maitre des novices plus expérimenté à celui qui commencerait dans la charge se résumerait ainsi : « tu enseignes les novices mais eux de leur côté t’apprendront à mieux les accompagner »… parfois dans la douleur et non sans avoir traversé quelques difficultés.  

Les joies du maitre de novices sont nombreuses et nécessaires pour l’aider à tenir dans leur mission : 

– celle de bénéficier de l’aide de religieux extérieurs : visites, courriels, conversations téléphoniques, partage de matériel d’animation ou d’enseignement, échange d’expériences comme durant cette session. Une telle « joie » gagnerait à être organisée et plus systématique.

– celle de voir les jeunes s’accueillir mutuellement et placer progressivement le Christ au centre de leurs relations fraternelles, et finalement de leur vie quotidienne. 

–  celle de voir les vœux s’inculturer en encourageant l’expression de chaque culture. 

La principale difficulté est sans doute de devoir répéter les mêmes choses à chaque génération de novices mais parfois aussi pour un même noviciat ; le nombre des novices quand il est élevé (ou très variable) constitue un défi pour un « accompagnement personnalisé ». Une autre difficulté est parfois de devoir combler des lacunes après un postulat trop court ou incomplet. 

La peine est de constater parfois qu’un frère avançait « masqué » – sans franchise sur ses motivations réelles – et que l’agneau du « noviciat » s’est finalement transformé en « loup ». 

Ce ne sont ici que quelques échos de la session, les fruits de la session – et notamment le guide des Bonnes pratiques pour la formation au noviciat – seront partagés par ailleurs…

Aux grottes vaticanes…