CGP Roumanie – Fil rouge n°4

jeudi 4 juin 2026

Cette année, la solennité du Très Saint Sacrement coïncide avec le 50e anniversaire de la disparition de nos deux frères argentins Carlos Antonio di Pietro et Raul Eduardo Rodriguez. L’Eucharistie de ce jour a donc été célébrée à la mémoire de ces deux flammes de l’amour évangélique au sein de l’Assomption et de l’Eglise d’Argentine. Nos confions notre famille religieuse à leur intercession fraternelle.

Après la célébration, un temps fut consacré à la préparation de la rencontre internationale de l’Alliance Laïcs-Religieux, prévue en 2027. La commission internationale se met déjà à l’œuvre et les modalités de participation seront fixées par elle en concertation avec les niveaux provinciaux.

Le travail s’est poursuivi par un temps de réflexion en rapport avec un certain retour de la figure de saint Augustin dans la vie de l’Église, spécialement à l’occasion de l’élection d’un de ses disciples, le Pape Léon XIV, à la tête de l’Eglise. Toute la famille augustinienne est consciente que cet événement, ce « Momentum augustinien » n’est pas anodin. Nous le considérons comme un temps de grâce pour notre famille spirituelle, un appel à rechercher ensemble la manière de nous approprier davantage l’héritage de notre père spirituel et de le proposer de manière simple à l’Eglise. L’on constate ainsi que depuis l’événement Léon XIV, la famille augustinienne cherche à susciter des occasions pour prier, réfléchir et célébrer ensemble.

La réflexion a aussi réveillé chez les membres du CGP les souvenirs des temps glorieux d’une Assomption qui avait connu des spécialistes de saint Augustin ayant marqué la promotion de la pensée augustinienne au sein de l’Eglise. Est-il encore possible aujourd’hui de susciter des vocations de cette carrure ? Il se pose également la question de savoir la manière dont nous nous approprions les ressources actuellement disponibles, tels les « Itinéraires augustiniens », la « Revue des études augustiniennes », à l’aide aussi de temps de retraites ou des journées augustiniennes. Il nous conviendrait peut-être aussi de constituer une liste de personnes ressources en ce domaine. Il est certainement aussi possible de déterminer, à l’occasion des chapitres locaux, certaines pratiques communautaires qui nous aideraient à nous abreuver quotidiennement aux sources de saint Augustin.

La session du CGP organisée dans une région permet aussi de se mettre au contact de la réalité socio-ecclésiale locale. Pour cela, nous avons été édifiés par le Recteur du Séminaire romano-catholique de Iaşi, qui constitue le lieu de formation des prêtres de rite latin pour les diocèses de Iaşi et de Bucarest. Dans son partage, le vaillant formateur a brossé en une heure l’histoire et la vie de l’Eglise roumaine qui est constituée majoritairement de fidèles orthodoxes et de minorités romano-catholiques (rite latin) et gréco-catholiques, ainsi que de réalités infimes de protestants, d’anglicans et de musulmans.

Il a aussi relevé un certain nombre de défis auxquels est confrontée l’Église romano-catholique de Roumanie. Il s’agit entre autres du phénomène du vieillissement qui est une conséquence directe de la migration des jeunes vers l’Occident et qui, avec la baisse de la natalité, occasionne la chute des vocations pour l’Eglise.  Le dialogue avec les orthodoxes constitue, en fait, le défi majeur face à l’exigence évangélique de la communion. Heureusement, ce dialogue n’est pas tout à fait inexistant. Il se vit, en fait, dans le cadre de rencontres œcuméniques essentiellement théologiques, le partage de la prière étant, quant à lui, strictement exclu par la partie orthodoxe. 

P. Thierry KAHONGYA

1-Voir sur le thème de la matinée la Conférence du P. Nicolas Potteau : Le P. Emmanuel d’Alzon et saint Augustin, Paris, 22 novembre 2023

2-Citation bien connue de saint Augustin, corrigée par notre spécialiste (P. Nicolas Potteau) :
« Pour l’amant de Dieu, la mesure est d’aimer sans mesure. »  (Sermon Dolbeau 11,9)