Message du supérieur général à l’occasion de la fête de l’Assomption
Chers frères et sœurs,
Bonne fête de l’Assomption !
C’est depuis Rome que j’ai la joie de vous souhaiter une bonne fête de l’Assomption de la Vierge Marie. Nombre de nos frères d’ici en Europe ont fait le déplacement à Lourdes pour le 153e pèlerinage national. La présidence de ce pèlerinage a été confié à Monseigneur Jean-Paul Vesco, archevêque l’Alger. Tout en vous souhaitant une excellente fête de l’Assomption de la Vierge Marie, je prie le Seigneur de nous remplir tous du désir de nous lancer vers les hauteurs des vertus chrétiennes.
L’expression « Le désir de se lancer vers les hauteurs des vertus chrétiennes » se trouve dans une question que s’est posée le père d’Alzon en méditant sur le mystère de l’Assomption que nous célébrons aujourd’hui : « Ai-je un vrai désir de m’élancer vers les hauteurs des vertus chrétiennes ? Quelle est la sincérité de ce désir ? (E.S. p. 1026)

Une question comme celle-ci ne peut pas nous laisser indifférents. Elle nous touche profondément et mérite que nous y consacrions un moment ; elle exige peut-être une réponse que, en toute humilité, j’ai du mal à formuler.
Le philosophe Jean-Jacques Rousseau disait : « Malheur à celui qui n’a plus rien à désirer ». Mais la question la plus importante n’est plus de savoir si nous avons des désirs ou non, car nous en avons presque tous encore, Dieu merci, car leur absence serait un désastre pour notre vie. Ce que nous devrions surtout faire, c’est un examen sincère de nos désirs, et distinguer avec lucidité ceux qui nous aliènent et ceux qui nous libèrent.
À une époque où la tentation de vouloir faire comme tout le monde, de désirer ce que les autres désirent, nous domine et nous désoriente, comment garder vivante notre vocation à tendre vers les choses d’en haut ? C’est-à-dire continuer à vivre selon notre charisme et nos Constitutions. Ce combat intérieur est rude et acharné. Que Dieu bénisse les efforts que nous déployons et ne nous laisse pas succomber aux « tristes tentations du découragement », selon l’expression de notre fondateur, le père d’Alzon.
À un moment donné, il faut accepter la réalité de ce qu’a dit Jésus : « Personne ne peut être fidèle à deux maîtres », surtout lorsque ceux-ci sont opposés. Le père d’Alzon reprend cette même idée et l’applique au thème des désirs : « Mais nul ne peut servir deux maîtres. Si je reste attaché, comme ma nature m’y porte, aux joies, aux plaisirs, aux biens de la terre, je ne puis aimer le ciel. L’amour du ciel, le désir de posséder Dieu comme bien suprême ne peut aller qu’avec le détachement des choses d’ici-bas. » E.S. p. 1254.

Chers frères, pendant que nous célébrons cette solennité de l’Assomption de la Vierge Marie, n’oublions pas de nous poser la question que notre fondateur s’est posée : « Quel est le plus intime de mes désirs ? « (E.S. p. 1255). Et si, d’une manière ou d’une autre, nous constatons une incohérence entre ce désir et la réalité de notre vie, tournons-nous en toute humilité vers notre Dieu pour qu’il purifie nos désirs.
Que notre désir de nous lancer vers les hauteurs des vertus chrétiennessoit un désir profond et sincère ; que Dieu nous aide à surmonter la tentation du découragement pour aller de l’avant et, enfin, que Dieu nous aide à transformer ce désir en actions concrètes, à l’instar de Zachée qui est monté dans un arbre pour voir Jésus. Et qu’à l’exemple de Marie, notre désir des choses du ciel nous transforme en personnes disponibles pour le projet de Dieu, elle qui a dit : « Voici la servante du Seigneur ; qu’il me soit fait selon ta parole » (Luc 1,38).
Joyeuses fêtes de l’Assomption à toute la famille !
Fraternellement,
Ngoa Ya Tshihemba, a.a
Supérieur Général


