Invitation du P Benoît Grière à signer le Pacte Mondial pour l’Education 2021-09

, ,
or download free
[free_download_btn]

Description

Signer le Pacte Mondial pour l’Education

Chers amis éducateurs responsables d’écoles, des collèges et des universités,

Bonjour.

Je suis heureux de prendre la parole pour vous parler de la journée du 4 octobre prochain, 4 octobre 2021 où nous allons nous engager pour le pacte éducatif mondial. Vous le savez, l’Assomption a une passion pour l’enseignement et pour l’éducation. Nous avons une place modeste dans l’enseignement catholique à travers le monde et cette place nous tient à cœur parce qu’elle remonte à la passion qu’avait le Père d’Alzon pour former la jeunesse, former les cœurs, former les esprits et former les intelligences.

Notre congrégation des Augustins de l’Assomption a la chance d’être implantée dans des pays très différents. Dans la vieille Europe je pense à nos établissements de Belgique, mais je pense aussi à la jeune Afrique où nous avons des réseaux d’écoles. Je pense à Butembo qui possède aussi une Université. Celle-ci a commencé son travail il y a une vingtaine d’années et depuis elle se développe progressivement. Mais nous sommes aussi présents avec des écoles en Amérique du Sud, que ce soit en Argentine, que ce soit au Chili, ou encore en Colombie. Nous sommes présents bien évidemment à Worcester aux Etats Unis où nous avons l’Université de l’Assomption. Je n’oublie pas aussi ce réseau très dense d’écoles de brousse, en milieu rural, que nous avons à Madagascar. Tout cela ça représente plusieurs milliers de jeunes collégiens, d’universitaires, d’étudiants et des centaines des professeurs et éducateurs qui sont investis dans la promotion de l’humanité et la formation de la jeunesse.

Alors que notre humanité vient d’être marquée et l’est encore profondément par la crise du Covid-19, qui a commencé au début de l’année 2020 et continue encore à l’heure où je vous parle en cette fin septembre 2021. Nous avons vécu plusieurs vagues. Or la crise du Covid-19 nous a rappelé la fragilité de nos existences mais elle a profondément perturbé le système éducatif dans la plupart des pays où nous sommes. Ce sont les enfants, les étudiants, les collégiens qui sont victimes de cette pandémie. La pandémie a contrarié le système éducatif, l’acquisition de connaissances et la formation de personnes responsables dans la société. Le pape François dans un discours, le 15 octobre 2020, a rappelé que l’éducation devait profiter de cette pandémie pour changer un certain nombre de choses pour placer l’enfant au cœur du pacte éducatif mondial.

C’est ce pacte que vous êtes invités à promulguer, à signer, à mettre en place le 4 octobre 2021 c’est à dire dans quelques jours. Après le Covid-19 il nous faut donc réagir, l’école a souffert, le pouvoir transformant de l’éducation que nous-mêmes reconnaissons comme primordial est important à promouvoir dans toutes nos écoles.

Vous le savez : éduquer c’est faire un pari, un pari sur l’avenir puisque les jeunes qui nous sont confiées sont appelés à être progressivement transformés pour devenir des adultes responsables et engagés dans les diverses sociétés où nous sommes. Le pari c’est un pari sur l’espérance et tous les éducateurs présents un peu partout dans le monde, vous faites ce pari de l’espérance quand vous accueillez les jeunes qui viennent frapper à la porte de nos établissements.

Vous savez l’éducation est probablement le meilleur antidote à l’individualisme qui marque notre société contemporaine. Il faut retrouver une harmonie et cette harmonie peut être promue, développée, stimulée dans les programmes éducatifs. La base de l’éducation chrétienne c’est l’amour et la responsabilité. L’amour, parce que nous sommes là avec les jeunes pour leurs faire découvrir la grandeur de cette passion pour l’humanité qu’a notre seigneur et notre créateur.

Et puis la responsabilité parce que le Dieu auquel nous croyons n’est pas un Dieu qui nous condamne à obéir de manière servile mais un Dieu qui nous fait de nous des coopérateurs de son projet. Nous sommes créateurs avec le Seigneur. Et dans l’éducation cette fonction de création se manifeste de manière plénière. Nous sommes invités par le pacte éducatif mondial à avoir une audace particulière. Cette audace, que le Pape François appelle de ses vœux, est aussi au cœur de la passion que le Père Emmanuel d’Alzon avait pour le Royaume de Dieu. Le Père d’Alzon demande à ses religieux d’être audacieux, désintéressés, passionnés et je crois que ces qualités que nous avons mises en évidence se retrouvent dans l’éducation telle qu’elle est prônée à l’Assomption.

L’audace est nécessaire, pourquoi ? Parce que nous sommes dans une société qui est en train de préparer des individus sous un mode très personnel, très individualiste. Or l’ambition de l’éducation chez nous c’est de constituer la fraternité. Nous ne pouvons pas recevoir des jeunes sans leurs apprendre à vivre dans une fraternité large qui abat les frontières, qui abat les différences culturelles, ethniques et des religions. Nous sommes chrétiens, nous sommes catholiques, mais nous sommes ouverts à la diversité. Créer la fraternité s’est donc créer un climat pour une culture intégrale et participative dans l’éducation. C’est la capacité à faire harmonie. Alors quelques points d’attention dans le pacte éducatif mondial qu’il est bon de rappeler pour nous écoles assomptionnistes : mettre la personne au centre.

Nous avons eu le colloque sur l’éducation qui a été organisé à Worcester en 2017 qui a été préparé notamment par John Franck et Richard Lamoureux. Ce colloque nous a permis de retracer l’histoire de l’Assomption dans les institutions éducatives mais aussi de comprendre le défi, les nombreux défis que nous avons à relever aujourd’hui pour que notre passion de l’éducation, de la formation puisse se concrétiser avec des moyens nouveaux aujourd’hui. Le monde a changé, l’Assomption a changé aussi mais elle reste passionnée par l’éducation de la jeunesse.

Créer des fraternités, mettre la personne au centre, c’est permettre à chacun quelles que soient ses compétences intellectuelles, ses capacités physiques ou intellectuelles, d’être intégré dans le système éducatif, est un système intégral et participatif.

Mettre la personne au centre c’est aussi écouter les jeunes. Le Pape nous demande dans le pacte éducatif mondial non seulement de mettre le jeune au centre mais aussi de l’écouter, sentir ce qu’il vit pour mieux répondre aux besoins de sa personnalité.

Et puis c’est remettre la famille au centre. La personne est au centre du système éducatif mais la famille est elle aussi le partenaire prioritaire de l’éducation. La famille n’a pas à se décharger sur les éducateurs de l’éducation qui doit être faite dans le milieu familial. Donc le pacte éducatif mondial nous invite à collaborer avec les familles des jeunes qui nous sont confiés.

Dans les sociétés qui sont très diversifiés à travers le monde il y a une préoccupation du pacte éducatif mondial, c’est la place des filles, place des femmes. Vous savez qu’il y a des sociétés qui sont marqués par une sorte de… comment dire, de machisme, tout au moins, une sorte de forme de patriarcat où les femmes n’ont pas vraiment leur place dans la société. Nous pensons qu’hommes et femmes ont une égale dignité et qu’il est important de favoriser cette égalité de dignité dans l’éducation que nous prodiguons.

Enfin, et c’est sur ce point que je conclurai, la place de notre maison commune. Nous savons bien que la terre, l’environnement va mal. Il y a un cri à entendre c’est celui de notre terre qui nous nourrit, qui nous porte : elle souffre. La terre souffre du réchauffement climatique, c’est une réalité qu’on ne peut nier. A Madagascar dans le sud où nous avons des écoles, il y a une famine dramatique depuis plusieurs mois. L’absence de pluie, la sécheresse a provoqué la pénurie de ressources alimentaires. Les enfants arrivent le ventre vide à l’école, même parfois ils n’ont plus la force de venir. Nous voyons aussi les différentes catastrophes naturelles qui se produisent un petit peu partout. En Italie nous avons eu des effondrements de terre à cause des inondations. Tout cela signe la souffrance de notre terre. Et dans le pacte éducatif mondial il faut là aussi se rappeler que nous avons une responsabilité très forte et qu’il faut travailler pour la préservation et la défense de notre environnement. Nous ne pouvons plus continuer à vivre dans une société qui gaspille les ressources naturelles et qui consomme sans frein sans limite.

Vous voyez l’ambition de ce pacte éducatif mondial est forte. Modestement, à l’Assomption nous voulons nous y engager pour construire une fraternité universelle. Celle qui abat les frontières entre les hommes les cultures et les religions et les langues. Nous voulons travailler avec détermination à susciter des nouveaux acteurs dans la société et dans le monde pour un plus grand équilibre, une plus grande justice, une plus grande fraternité, un plus grand amour entre les hommes et les femmes de ce temps.

Je pense à vous chers éducateurs et enseignants de nos établissements assomptionnistes à travers le monde.
Que vous soyez dans des petites écoles de brousse, dans des prestigieuses universités, vous êtes des collaborateurs de l’Assomption à travers cet esprit que nous a légué le Père d’Alzon, esprit d’audace, de service, esprit marqué par le désintéressement et par la passion de l’homme et de Dieu.
Je souhaite que nous nous engagions tous ensemble pour ce pacte éducatif mondial et je vous encourage à travailler avec beaucoup de conviction pour son déploiement dans les programmes et dans nos établissements. Je vous remercie.

 

P. Benoît Grière,
Supérieur Général des Augustins de l’Assomption
Septembre 2021

90.00 KB 19 1 Files

Fichiers joints

[file_list]