Défis et points d’attention pendant le processus de formation
Conformément au programme, la journée commence au pieds du maître, avec l’oraison à 6 h45, suivie de la messe. A 9h00, après le petit déjeuner, nous nous retrouvons dans la salle pour la suite de notre session. Cette journée est consacrée particulièrement aux défis, ou mieux, aux points d’attention sur lesquels le formateur devra accompagner nos frères. Ces points d’attention sont abordés en 4 moments de la journée.
Le premier moment consiste à la présentation par le Père Benoit, Vicaire Général, des échanges en CGO sur les enjeux actuels de la formation. Résumés en 14 points, ils sonnent comme des convictions fruits des visites canoniques et de l’analyse de différents dossiers.
- L’importance d’être formateur
- Former aux fondamentaux de la vie religieuse
- Cultiver une formation intégrale
- De nouvelles pistes de formation au charisme assomptionniste en termes de « Patrimoine assomptionniste » qui ne consiste pas seulement aux sources écrites. Charisme comme patrimoine spirituel, intellectuel, historique, un style de penser, une tradition apostolique ; des œuvres apostoliques qui ont marqué notre histoire ; des figures patrimoniales, des œuvres et projets apostoliques récents
- Formation apostolique dès les premières années de formation
- Repenser les stratégies pour raccourcir le parcours des études spécialisées
- La formation à la Maison sûre.
- Le défi du numérique pendant la formation : pistes de solution
- Une formation d’adulte à adulte, une formation à la synodalité.
- Importance du suivi de la Formation académique par le formateur
- Formation à la mise en commun ces biens
- Valoriser des formations pratiques qui ne sont pas nécessairement académiques
- Formation à l’Alliance laïc/religieux qui n’est pas optionnelle
- Des points d’attention pendant la présentation des candidats à la profession perpétuelle et ordinations
Ce temps se termine par une série de réactions et suggestions pour la mise en œuvre de ces enjeux.
Dans le deuxième temps, le Pères Louis-Martin et Sébastien font échos de la session sur la fibre missionnaire tenue à Arusha en Juin 2028, pendant laquelle il a été réaffirmé que notre Congrégation est missionnaire, apostolique, internationale, interculturelle et synodale. Pour cela, il est donc du devoir du formateur de susciter chez les jeunes cet esprit et cette vocation missionnaire de la congrégation dès les premières années de sa formation d’une part et, d’autre part, de former le jeune à développer la fibre missionnaire marquée par les qualités et les vertus assomptionnistes. Ce moment se conclut par un travail en groupe pendant lequel les formateurs ont échangé sur les raisons qui peuvent susciter des peurs et résistances à la mission : la peur de l’inconnu, les idées préconçues, l’âge, la peur de quitter son confort, les mauvaises expériences que le missionnaire peut avoir vécues, le manque de préparation de la communauté d’accueil et du futur missionnaire, l’inconscient social hérité de l’esprit de la colonisation, pour ne citer que celles-là .

Le troisième moment de la journée porte sur la nécessité et les moyens de la formation au leadership, face au cumul des responsabilités observé dans nos communautés, aux appels récurrents à exercer un service d’autorité, à la carence des leaders dans différents domaines de notre vie. Les formateurs notent que notre vie religieuse assomptionniste vécue dans nos communautés de formation constitue déjà une école à la formation au leadership.
- Favoriser des initiatives pour aider les jeunes à découvrir leurs capacités à gouverner ;
- Confier aux jeunes des responsabilités pour l’animation (comme être socius) et la vie de la communauté (comme être dépensier, coordinateur des travaux, etc) dès les premières années de formation ;
- Encourager les frères à être membres du Conseil local de la maison ;
- Faire confiance aux jeunes en leur confiant des responsabilités dans des champs apostoliques comme l’animation vocationnelle, animation des groupes de jeunes ;
- Former les jeunes à assumer des responsabilités là où ils étudient ou exercent de l’apostolat ;
- Intégrer les jeunes en formation dans les commissions de la Province avec les aînés ;
- Encourager les frères à imaginer eux-mêmes et entre eux à trouver des solutions aux défis auxquels la communauté fait face ;
- Voir des formateurs assumer leur responsabilité en équipe
- Apprendre aux frères à gérer avec transparence, à rendre comptes, à évaluer, tout cela pour mettre en évidence la synodalité, les vertus propulsées par notre congrégation : franchise, hardiesse, désintéressement ;
Voilà bien de pistes concrètes pour former nos jeunes à être des leaders de demain pour l’ART.

Le quatrième moment est centré sur la formation à la synodalité et la formation synodale, à la lumière de la révision de la Ratio fundamentalis Institutionis sacerdotalis, proposée par le groupe n°4 post Synodal, dans une perspective synodale et missionnaire.
Dans sa présentation, le Père Miguel note que cette révision ne fait que nous rappeler des points forts de notre charisme et notre Règle de Vie qui est traversée de bout à bout par l’esprit et l’appel à vivre et à travailler en synodalité. À la fin de son exposé, deux questions guident notre réflexion en groupe pour voir si la formation en Assomption est synodale et aide le frère à être un missionnaire synodal :
- Est-ce que nous formons à la synodalité ? Nos frères sont-ils en train d’acquérir des attitudes et compétences synodales ?
- Est-ce que notre formation est, en elle-même, synodale ou est-elle appelée à le devenir davantage. Et comment ?
Dans les remontées, les participants disent unanimement que notre formation permet aux jeunes d’acquérir des attitudes synodales. Cela passe par la participation à des moments forts de la vie de la communauté : Chapitre local, Conseil local, travail en commun (comme la vaisselle, les moments de repas ensemble, les récréations, etc.). Par ailleurs, deux autres champs spécifiques à l’Assomption permettent à nos jeunes d’acquérir cette « fibre synodale » : l’Alliance avec les laïcs et l’Inter-Assomption. À ces champs, ajoutons aussi une pratique en Assomption : la participation des laïcs avec qui le frère travaille (la cuisinière, sentinelle, le catéchiste) à l’évaluation du frère pour son appel à la profession ou aux ordinations. Enfin dans l’apostolat, la formation synodale passe par l’humilité à apprendre d’abord du Peuple de Dieu, à s’approprier l’histoire de leur pratique, avant de leur proposer de nouvelles pistes.
Commencée aux pieds du Maitre qui envoie, la journée s’est clôturée au même endroit avec les Vêpres.

